Cheikha Moza
Dans cette série, Véronique Noteboren explore la soif de pouvoir et d'ascension sociale de l'être humain. Les figures royales lui servent de point de départ, dépouillées de leurs symboles ostentatoires. Il ne reste alors que l'être humain lui-même : digne, imperturbable et, simultanément, vulnérable.
Par des regards discrets et des expressions contenues, les portraits révèlent un monde intérieur à peine visible. Derrière une apparence impassible se cachent des émotions – perceptibles, mais jamais exprimées.
Les œuvres sont peintes sur des assiettes en porcelaine. Ce ne sont pas des objets neufs, mais des supports usagés, chargés d'histoire. Ils ornaient les tables lors de visites familiales et amicales, à l'occasion de grandes fêtes, et portent les traces du temps et de l'usage.
Ces assiettes portent désormais les portraits. Une relation complexe se tisse entre l'objet et l'image : le quotidien côtoie le sublime, révélant l'imbrication étroite du pouvoir et de l'humanité.
Au dos de chaque assiette se cache un détail insoupçonné : une feuille d’or. Irrégulière et fragile, elle évoque discrètement un luxe accessible à tous.
Dans « Dans le voile du silence », immobilité et superposition s'entremêlent. Les œuvres oscillent entre grâce et vulnérabilité, invitant le spectateur à ralentir, à observer et à se reconnaître en quelque sorte.
